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Prises de position - A l’étranger -

Interview du député portugais José Mendès Bota

Le député portugais José Mendes Bota est devenu le chantre infatigable de la lutte contre la violence domestique dans son pays natal, le Portugal, et il est le rapporteur de l’Assemblée parlementaire sur « les parlements unis pour combattre la violence domestique contre les femmes ».

Question : Pourquoi prenez-vous tellement à cœur la campagne du Conseil de l’Europe contre la violence domestique ?

José Mendes Bota : C’est arrivé tout à fait par hasard quand j’ai été invité à devenir membre de la commission de l’égalité de l’Assemblée parlementaire. En tant qu’économiste, je n’avais aucune expérience de ce domaine auparavant, mais j’ai toujours été sensible aux droits de l’Homme et aux problèmes des gens. J’ai eu mon premier choc pendant la Coupe du monde 2006, lorsque la commission a pris fermement position contre la traite des femmes destinées à travailler comme prostituées en Allemagne. Je pense vraiment que notre campagne a permis d’éviter les abus les plus graves et d’ouvrir les yeux des gens. C’est ce qui m’a conduit à participer à la campagne contre la violence domestique. Je me suis démené pour mobiliser le Parlement portugais, et j’ai été récompensé lorsque celui-ci a adopté à l’unanimité une déclaration solennelle contre la violence domestique, avec une ovation debout de tous les députés.

Question : La violence domestique est-elle un problème particulier au Portugal ?

José Mendes Bota : Le Portugal est une société machiste. De 1860 à 1960, un homme ne tombait pas sous le coup de la loi s’il assassinait sa femme parce qu’elle lui était infidèle ! Il y a aussi l’impression que l’on ne peut pas toucher à la vie privée – nous avons un dicton selon lequel on « ne doit pas mettre une cuiller » entre un homme et sa femme. Il faut que de telles attitudes changent ; il faut s’ingérer si l’on voit qu’il y a de la violence dans un foyer. Nous sommes en train de réformer les lois au Portugal, et nous menons aussi des campagnes régionales de sensibilisation à Bragance, dans l’Algarve, à Madère et à Santarem ; nous travaillons de concert avec la police et avec le personnel soignant pour offrir de meilleurs services aux femmes, tout en recueillant des données et des statistiques afin de montrer l’ampleur du problème.

Question : Avez-vous l’impression qu’il y a un espoir de changement ?

José Mendes Bota : La campagne de sensibilisation du Conseil de l’Europe prendra fin en juin 2008. Ce que j’espère voir c’est une réforme de la législation dans chaque pays afin qu’il y ait une norme reconnue au-dessous de laquelle les Etats ne puissent pas aller. Cependant, le principal problème c’est de faire en sorte que la pratique coïncide avec la théorie ; il faut bien plus de temps pour changer les comportements. Je crois vraiment que les hommes sont un facteur-clé du changement, et j’espère faire passer le message aux hommes afin que leurs épouses et leurs filles – et, de manière générale, toutes les femmes – soient protégées.

Source : Conseil de l’Europe (www.coe.int)